dimanche 12 juillet 2015

Dire adieu

Il y a 14 ans, nous t'avons adopté... Tu étais si petit que tu faisais dans nos mains... Je m'étais demandé à ce moment dans quoi on s'était embarqué... Nous étions en appartement et nous n'avions pas le droit d'avoir de chien. On avait défié la règle.

Je me rappelle que papa-poulpe avait passé une nuit blanche à cause de toi lors de ta première nuit chez nous... Parce que tu pleurais. Il t'avait endormi dans ses bras. Le temps a passé, puis tu t'es fait une place au pied de notre lit... ta place. C'est encore ta place d'ailleurs, mais il y a longtemps que tu n'es plus capable de grimper tout seul. Et depuis quelque temps, tu restes souvent dans ton panier, dans la salle à dîner.



Demain, il faudra fort probablement te faire nos adieux. Et je suis tellement nulle avec les fins. On t'a élevé comme notre enfant mon Bilou... Tu te souviens, quand tu étais petit, je te traînais dans un porte-chien ventral, comme un poupon ! Plus tard, je te mettais sous la poussette de Justine lors de nos promenades... Tu adorais ça ! On a tellement tout fait pour toi mon chien, mon meilleur ami... J'ai même été longtemps à te cuisiner de la nourriture parce que tu faisais des allergies... On t'a emmené en vacances, on t'a fait garder par grand-maman quand j'ai commencé à travailler dans un bureau, pour ne pas que tu sois seul toute la journée. On t'a fait baigner dans la piscine, on t'a fait manger de la crème glacée... et récemment, on a dû te fabriquer une rampe, parce que tu ne peux plus vraiment descendre les escaliers.

Tout ce qu'on a fait pour toi, tu nous le rendais tellement bien. Tu savais quand on avait de la peine, tu venais lécher nos larmes et nous coller. Tu ne le fais plus vraiment, ça non plus. Chaque fois que je sortais, tu m'attendais devant la porte : pas question d'aller au lit avant que je sois revenue.

Mon Bilou, je ne peux juste pas croire que bientôt, je ne t'entendrai plus japper, pleurer pour avoir de la bouffe. Tu as partagé tellement de choses avec nous... Notre premier appart., notre première maison, puis notre deuxième maison... La naissance des enfants... Tu te souviens comment tu protégeais Justine ? Personne ne pouvait s'approcher quand je l'avais dans les bras. Tu as survécu à Théo qui t'a fait la vie dure, et tu lui as pardonné tous les coups reçus, les poils enlevés... Parce qu'aujourd'hui, tu l'aimes bien.

Mon bon chien, tu m'as appris à m'occuper d'un autre être vivant que mon petit moi-même... Tu as entendu mes secrets, tu as assisté à mes chicanes de couple (tu allais te cacher), tu m'as vu pleurer en cachette...

Bientôt, je prendrai la décision de te délivrer de tes souffrances, parce que je sais que tu souffres. Ne m'en veut pas Bilou... je t'aime comme un enfant. Nous avons pris soin de toi jusqu'au bout, mais je crois que tu mérites de te reposer maintenant. J'hésite encore tellement... j'ai l'impression de ne pas faire la bonne chose...
Mon bon chien, je vais toujours t'aimer, je ne pourrai jamais t'oublier... ni te remplacer.