Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais depuis la naissance de mes enfants, je n'ai plus d'espace à moi. Bon ok... je suis probablement la seule personne au monde qui s'est laissée envahir de cette façon !
Dès que céphalo-fille a commencé à ramper dans la maison, c'était le début de la fin. La fin de mon espace, de mes limites. À ce moment, je l'avais fait parce que je le voulais bien... Pis bon, y'a des trucs pour lesquels on n'a pas trop de choix. Donc, dès que la jeune rampante de la maison a commencé à se rendre partout où elle voulait, ma cuisine s'est transformée en piste de course pour bébé. J'y avais étendu une grande douillette (qui couvrait la majeure partie de mon plancher); ça me donnait bonne conscience même si céphalo-fille la repoussait toujours, préférant s'aventurer sur la céramique froide. S'ajoutait à cela deux mégas gros bacs de jouets, la chaise haute et la balançoire de bébé. Même la poussette a déjà pris racine dans mon salon ! La deuxième chambre servait aussi de salle de jeu à cette époque. Sans parler de la salle de bain, avec des bacs de jouets d'eau. Et je vous jure que ma maison n'est pas si grande que ça !
Puis est arrivé céphalo-garçon. Comme je voulais que les enfants aient une place égale, je n'ai pas divisé l'espace en deux (je suis vraiment nulle en maths !), mais j'ai plutôt multiplié la superficie qui leur était accordée. Aussi, ma fille perdait sa salle de jeu, devenue une chambre de petit frère... Donc plus de bacs dans la salle à dîner et dans le salon. À la vue de tous.
Quand les enfants ont été assez vieux, j'ai voulu récupérer ma salle à dîner et on a fait une salle de jeu au sous-sol pour y descendre quelques trucs. Mais n'étant pas assez vieux pour jouer seuls sans surveillance, on a remonté des trucs au salon (et un peu dans la salle à dîner). En vieillissant, les enfants n'ont cessé de s'étendre... jusque dans notre chambre à coucher même!
Cette année, céphalo-fille a eu 10 ans. Dix ans que je n'ai plus ma place dans ma maison. Même dans mon bureau, il y a de la place pour eux (bon c'est pratique quand je dois travailler et qu'ils sont en congé). Mais mon équilibre mental était en train de foutre le camp. Et arriva ce qui devait arriver : maman-tentacules a pèté sa coche solide. Depuis cette journée, je suis en mode épuration... Et c'est long... très long. Je n'ai pas fini. Mais quand je vais avoir terminé ce que je veux faire, je vous jure que tout le monde aura son petit espace, moi comprise. Déjà, les enfants n'ont plus le droit de se laisser traîner dans ma chambre à coucher : ce que j'y trouve prend le bord des poubelles... sans pitié. J'ai encore réorganisé mon salon ce week-end... Tant que mes rénos ne seront pas faites, je ne verrai pas la lumière au bout du tunnel, mais ça s'en vient. Presque tout est caché maintenant du moins.
On peut dire que je paye aujourd'hui mes erreurs d'hier, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire hein ! Et je commence enfin à respirer. Le sous-sol est toujours aussi plein de trucs, mais ça aussi, on y travaille petit à petit. J'ai vraiment hâte de retrouver ma place; c'est un travail de tellement longue haleine... Avec tout ça, j'ai aussi l'impression de retrouver mon équilibre, mon air... Je ne dis pas que mes enfants n'auront plus de place; loin de moi cette idée. Mais je veux que les pièces de la maison reprennent leur fonction initiale...au minimum !
Et de votre côté, vous vous sentez envahis de la sorte ? Parfois ? Souvent ?
:)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire